En 1609, le galion San Francisco en route pour le Mexique depuis les Philippines s’échoue sur les rivages de Iwawada (aujourd’hui Onjuku, département de Chiba). Les archives historiques racontent que les femmes pêcheuses de coquillages, traditionnellement nues, secoururent 317 marins et passagers, dont le Gouverneur des Philippines par intérim Don Rodrigo. Les habitants les réchauffèrent, les nourrirent, posant les fondations d’une amitié, mais aussi d’un traité commercial entre l’Espagne et le Japon, et de la première ambassade japonaise vers le Mexique puis l’Espagne. On dit aussi que ce sont les mats du navire qui ont été recyclés en poutres de charpente dans la maison principale de ce qui est aujourd’hui Iwase Shuzou, une entreprise créée en 1723 qui se concentre sur la production de bon saké à l’époque Taisho. Entre novembre et mars, trois Kurabito (artisans employés par la maison de saké) menés par le Toji (responsable de la production) lavent, trempent et cuisent à la vapeur jusqu’à 800 kg de riz par jour, pour produire un saké masculin, charpenté, à partir de pieds de cuve de type Yamahai ou Kimoto dans une proportion supérieure à la moyenne. Il s’agit d’une méthode de préparation plus longue, qui donne généralement des sakés au gouts plus prononcés, avec plus d’acidité. Comme c’est souvent le cas dans ces petites exploitations, Iwase Shuzou vend aujourd’hui l’essentiel de son saké à travers son réseau local de restaurants et magasins de saké, pour un public local, et à des prix très raisonnables. Fermier pendant le printemps l’été, travaillant au saké pendant l’automne et l’hiver, M. Y. me fit généreusement visiter les locaux le 8 septembre dernier, et gouter un bon échantillon de leurs sakés à la marque Iwanoi. C’était quelques jours après que le monde a frappé à nouveau cette porte de Onjuku. En effet la revue Wine Advocates de Robert Parker a retenu le Yamahai Junmai Daiginjo de Iwanoi parmi 78 sakés méritant une note de 90/100 ou mieux. Chez Iwase Shuzou comme dans les autres maisons, le téléphone sonne à répétition, depuis partout dans le monde. Le Kuramoto M. Iwase n’était sans doute pas préparé à cela. Quelle stratégie commerciale appliquer ? M. Y. aimerait beaucoup garder le saké Yamahai de l’année dernière jusqu’aux Jeux Olympiques de 2020, pour lui permettre d’exprimer tout son potentiel de garde. Mais cela sera t-il seulement possible ?

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