Kusajishi : ai-je manqué la cible?

img_0202

Tandis que les archers se dirigent vers leur pliant, la commentatrice rappelle l’histoire vieille de huit siècles du Kusajishi. Cet art martial qui fait partie du Kyudo (la voie de l’arc) est né de la volonté du premier shogun Minamoto no Yorimoto (qui règne depuis Kamakura) de donner à ses samurais, qui chassent le daim du coté du Mont Fuji, un peu d’entrainement à l’arc, sur des cibles «faites de paille en forme de cerf »  (la signification littérale de kusajishi). Le sanctuaire de Yasukuni accueillait sa compétition annuelle entre deux équipes de l’école Ogasawara, la plus ancienne. La règle est assez simple donc accessible à tous: 5 archers dont un capitaine de chaque coté, chacun tire deux flèches, les 4 membres de chaque équipe d’abord. Puis les deux capitaines s’affrontent, et pour pimenter le duel, leurs flèches comptent double. Toutes les parties de la cible ne sont pas égales, et le juge-arbitre est souvent amené à échanger avec l’archer à propos d’un tir, le commenter, le valider ou contraire le refuser. Les vêtements des différents participants, religieux, arbitres, secrétaires, archers et tous leurs assistants sont de toute beauté, et le cérémonial impeccable. Mais c’est la que le bât blesse. Les mouvements mécaniques des assistantes qui ramassent les flèches, les regards en coin des uns et des autres (qui ne doivent bien sûr pas pratiquer cette forme tous les jours !), semblent avant tout révéler le stress de bien jouer leur rôle et respecter le code de la discipline. Cette journée d’octobre était certes la plus fraiche depuis de longs mois, mais les timides manifestations du public lors des premiers tirs sont très rapidement étouffées. Je ne connais pas grand-chose au Kyudo, tout juste m’a-t-on expliqué que le but et l’essence sont moins dans l’atteinte de la cible que dans le travail sur soi pour y parvenir. Mais je trouve qu’en ce jour exceptionnel de célébration de leur art, les heures d’entrainement des athlètes sont mal récompensées, il y a juste trop peu d’empathie possible, et personne ne semble se soucier du score. S’il s’agit d’une simple « démonstration », elle ne donne pas particulièrement envie d’aller revêtir le hakama de l’archer. Sans doute passai-je à coté de la dimension spirituelle. Encensons l’esthétique jusqu’à se faire décrypter le sens plus profond de tout cela par un spécialiste.

Advertisements

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s