Puits d’énergie

La première impression n’était pourtant pas favorable ! A 5 km de Nikko, la route 121 qui traverse Imaichi n’est par endroits qu’un alignement de rideaux de fer définitivement baissés, ou de commerces qui semblent bien peu florissants …. et puis enfin, derrière un panneau de métal lui-même tâché de rouille, le sourire de la famille Katayama vous accueille dans sa vénérable maison de saké. Avec son frère qui a pris les fonctions de toji (responsable de la production), M. Katayama (6ème génération) est l’artisan du saké Kashiwazakari, dérivé de «Kashiwazaki» (département de Niigata), le nom de la ville d’origine du fondateur de la maison. Celui-ci était notamment venu chercher une très belle eau, et il l’a trouvée à Imaichi en 1880, environ 12 mètres sous la rivière Daya, en aval de « La source du Saké », une des eaux sacrées du complexe de sanctuaires de Nikko. Les visiteurs viennent nombreux tous les jours librement remplir au puits leurs bouteilles vides de cette eau classée parmi les 100 meilleures du Kanto. La maison a gardé pour son kura la charpente de bois centenaire qui a résisté aux secousses de 1923 et 2011. Pour une petite production (18,000 litres) ils continuent d’utiliser une méthode manuelle de pressurage de type « sase », dans laquelle il faut aligner et entasser au fond d’un pressoir en forme de baignoire (« fune ») des sacs de toile remplis de moromi.

Mais le meilleur pour moi ce jour là suit la dégustation des bons sakés servis par Mme Katayama-mère, qui vous montre en passant la photo de presse un peu jaunie de son fils à l’époque ou il représentait son université sur les terrains de football. L’énergétique M. Katayama a aujourd’hui entrepris de porter l’étendard de sa ville pour en changer le visage par le tourisme. Les rideaux de fer, ce sont les signes de la dépopulation et du vieillissement de ce qui fut autrefois une ville étape de commerce importante sur la route de Nikko. Heureusement, il suffit de gratter un peu ! M. Katayama me fait entre autres découvrir la splendide ancienne route d’accès de Nikko, un large chemin bordé de cryptomères dont il reste environ 37km autour et à travers Imaichi, le Parc de la Rivière Daya qui prend sa source dans les montagnes de Nikko, la maison d’origine des condiments Tamarizuke et l’autre maison de saké de Imaichi, propriété depuis 1842 de la famille du non moins accueillant M. Watanabe. Visiteurs ou pèlerins, plutôt que de prendre le chemin de fer jusqu’à Nikko, pourquoi ne pas faire les derniers 10 km ou plus (250 mètres d’ascension) à pied ou à vélo, entre les cyprès, au rythme des daimyos qui allaient rendre hommage à Ieyasu Tokugawa, sans oublier de passer acheter un bento d’exception, et remplir ses gourdes chez M. Takayama? L’excursion prend un tout autre sens…

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