Dolls day

We are getting close to March 3rd (3/3), a day of celebration for little girls. To prepare for it, families with daughters are setting up a red-carpeted display in the shape of a staircase in their living room, with beautiful dolls. There is a lot of information available on-line about the spiritual origins of this festival called “Hinamatsuri”, and I shall focus on the role of sake, exhibited on the second stair, just below the Emperor and Empress. One can expect to see there “three court ladies”, the literal translation for “sannin kanjo”. The one in the centre is holding a tray with various offerings. The other two are in charge of sake service, reserved for the Emperor and nobility in Heian era (10th century). One is holding a service vessel, in the shape of a lipped bowl connected to a long straight handle, called “nagae choshi”. The other one has a deeper container which will be used for refills (“kuwae choshi”). The tradition was to drink a sweet cloudy sake called “shirozake” on that day, but the habit has lost ground. Toshimaya shuzou, a brewery from Tokyo, is trying to resurrect it. For those who live in Tokyo, I can recommend the exhibition rich of beautiful ancient dolls at Hyakudan Kaidan (Meguro Gajoen).

Poupées à la fête

Nous approchons du 3 mars (3/3), jour de la traditionnelle fête des petites filles, préparée par l’exposition, dans chaque famille (ayant des filles), de poupées sur une plateforme en escalier couverte de feutrine rouge, suivant une tradition dont les codes diffèrent suivant les régions. Nommée Hinamatsuri (fête des poupées), elle représente un souhait de bonne santé et sécurité pour les enfants, plus en creux celui d’un bon mariage (il faut en effet ranger les poupées avant le 4 mars, par superstition de voir leur union se faire tardivement en cas contraire). Pléthore d’information est disponible en ligne sur les origines spirituelles de cette coutume (et son évolution), et je me contenterai de relever le rôle du saké, dès la deuxième marche, sous l’Empereur et l’Impératrice. On y installe « 3 dames de cour », traduction littérale de « sannin kanjo ». Tandis que celle du centre porte un plateau d’offrandes, ses deux associées sont préposées au service du saké, en théorie réservé à la noblesse à l’époque Heian (10ème siècle). Une de ces dames porte une sorte de carafe de service constituée d’un bol a bec relié à une longue poignée (ou manche) appelée « nagae choshi » et l’autre une carafe plus profonde à anse, de réserve, pour les services successifs (« kuwae choshi »). Et comme c’est la coutume pour de nombreuses fêtes spirituelles ou familiales, on buvait le jour J un saké sucré, blanc, très peu alcoolisé, appelé « shirozake », une habitude en perte de vitesse. La maison Toshimaya essaie de la relancer! Pour les résidents à Tokyo, très belle exposition de poupées anciennes en provenance de Kyushu au Hyakudan Kaidan de Gajoen a Meguro.

16807170_10212384082383977_6686466774021908770_nWithout any bitterness, I can say that here, I am a stranger. I am not in the position of an immigrant landing in a country built with the contribution of talents from all over the world, aspiring to a new citizenship. The word for “foreigner” or “stranger” is “gaijin” or “gaikokujin”, someone from the outside. I am sometimes reflecting upon my legitimacy trying to convince my readers or auditors about sake, which is ultimately a very local and cultural product. However, there is “this” (Ginza Culture), the hazardous choices made by Japanese communication specialists, which make me smile and prove that sometimes, shoemakers’children are the worst shod. (Explanation for non French speakers: GinCul will be read by French people as Gin’s Ass … and the whole experience with its pink lining takes a different meaning)

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Sans amertume aucune, ici, je demeure un étranger. Je ne suis pas dans la position d’un immigrant dans un pays construit par un flux de talents de tous les coins du monde, aspirant à une nouvelle citoyenneté. “Etranger” se dit “gaijin” ou “gaikokujin”, une personne de l’extérieur. Je me demande parfois quelle est ma légitimité à vouloir convaincre mes auditeurs (et mes lecteurs) sur un produit aussi culturel que le saké japonais. Et puis il y a “ça” (Ginza Culture), les choix hasardeux faits par les communicants locaux, qui me font sourire et prouvent les cordonniers sont parfois les plus mal chaussés.

Nested

Years ago, a stunning exhibition of rare Imari ware compelled me into researching the field, and pulling the threads associated with its history. Imari ware played a major role in the reciprocal influences of Eastern culture and Western culture. Not only was it exported in very large quantities from the mid 17th century, it had a tremendous influence on the styles developed by European porcelain manufactures, such as Meissen, Sevres, Chelsea, and closer to home, Bayeux. As it is often the case in Japan, the starting point was a foreign influence from the continent (China for the concept, and Korea for the craft, mastered by a large number of potters forcefully “imported” into Japan during a brief Japanese incursion into their Kingdom), until Japan developed it till perfection. Imari is the name of a harbour, from where the first cargoes got exported, but in Japan it is known as Arita ware, the name of the city where most kilns and workshops are located, in Saga Prefecture, Kyushu Island. For readers fluent in French, I can only recommend the book written by Yvan Trousselle on the topic, La Voie du Imari.

Of course traditional porcelain ceramic has been challenged by new habits in gastronomy (food, service, table arts). At the yearly table arts event in Tolyo, I admired the creativity of Arita craftsmen and artists aiming at winning their public back, with new shapes, visual and tactile impressions. I liked that sake tasting set for home and travel use.

Gigogne

 

Il y a des années, une très belle exposition de porcelaine rare de Imari a généré chez moi une soif de recherche et de connaissance. La porcelaine de Imari revêt une importance majeure dans l’histoire des influences réciproques entre Est et Ouest, puisqu’elle a été exportée en masse depuis le Japon à partir de la deuxième moitie du 17ème, mais a aussi directement inspiré les manufactures européennes que sont Meissen, Sèvres, Chelsea, ou plus près de chez moi Bayeux. A l’origine de son développement, il y a, comme souvent au Japon, un apport direct du continent, la Chine pour sa culture et ses motifs, et la Corée pour ses potiers, déportés en nombre au cours d’une brève incursion nippone. Les artisans nippons tendirent ensuite à la perfection.

Imari est le nom du petit port dont sont parties les premières cargaisons, mais au Japon, elle est plus connue sous le nom de porcelaine d’Arita, du nom du centre de production site à Kyushu dans la province de Saga. Je recommande absolument l’ouvrage en français La Voie du Imari de Ivan Trousselle sur ce thème. Evidemment, la porcelaine, ici comme en Occident, est sérieusement challengée depuis plusieurs générations par les nouvelles habitudes en matière d’arts de la table et de cuisine au quotidien. De passage au salon annuel des arts de la table, je n’ai pu qu’apprécier les efforts de créativité des artisans d’Arita, tant au niveau des formes que des impressions visuelles ou tactiles laissées par la matière, pour créer de nouveaux marchés, ou en reconquérir certains. Parmi la vaisselle proposée, j’ai bien aimé ce petit set de dégustation à saké emboitable pour optimiser le rangement … ou voyager facilement.