Diamant de Katano

 

Je garde un très bon souvenir de ma première visite chez Daimon Shuzo (maison de saké Daimon) en février 2013, avec d’autres étudiants en saké de John Gauntner.

Avant de recevoir un appel téléphonique de son père l’incitant à revenir au bercail afin d’acquérir les compétences nécessaires pour devenir l’héritier de 6ème génération de la Maison, Yasutaka Daimon avait passé 7 ans à l’étranger, dont du temps en France. Son anglais est excellent et son expérience lui permet de comprendre le point de vue de l’étranger lorsqu’il partage sa culture, la culture du saké.

La Maison a été fondée en 1826 dans la ville de Katano, entre Osaka et Nara. Son environnement constitue une oasis dans ce qui ressemble par ailleurs à une sorte de ville dortoir de la banlieue d’Osaka, malgré la présence de quelques rizières entre les maisons, sur le chemin depuis la gare locale. En fait, à l’approche de la Maison Daimon et à sa grande surprise, le visiteur se retrouve soudainement dans un petit village aux routes étroites et sinueuses. La vieille porte de la brasserie fait face à une colline pentue, couverte d’une végétation dense, promesse d’eau fraîche en abondance.

J’y étais de passage la semaine dernière. Quel changement à l’intérieur! Les vieux bâtiments étaient toujours bien là, cependant nombre de volumes ont été magnifiquement rénovés, révélant la qualité et la simple beauté de cette construction ancienne, et certains des espaces situés à l’intérieur de la structure principale ont été transformés en salles de réception pour les visiteurs. J’ai écrit il y a quelques semaines mon admiration pour la façon sont les producteurs de vin et de cava de la région de Penedes (dans les collines derrière Barcelone) reçoivent les touristes, laissé entendre que les producteurs de saké japonais devraient tirer des leçons de ces bonnes pratiques. Daimon san et ses partenaires ont pour cela conçu le bon environnement, et j’espère pouvoir y tenir un jour un ou plusieurs événements.

Daimon san est l’un des rares propriétaires de maisons de saké ayant ouvert son capital à des partenaires étrangers (le seul dont j’ai entendu parler au moins …), afin que l’entreprise puisse investir des capitaux frais et exploiter un réseau outremer. La production de saké est une activité très capitalistique.

Au-delà de l’équipement nécessaire à la production et du bâtiment lui-même, l’entreprise a modifié sa gamme de produits, visant à mettre sur le marché des produits clairement identifiables, notamment par des étrangers. En bouche aussi, l’acidité du saké est assez distinctive, avec des arômes riches.

Ce fut un plaisir de goûter à nouveau au saké de Daimon san après une longue pause. Je forme le plan d’y retourner encore quand le restaurant Mukunetei, situé au deuxième étage de l’un des bâtiments, ré-ouvre. La spécialité de nabe (sorte de pot-au-feu) avait réchauffé notre cœur il y a 4 ans avant que nous faisions face au vent d’hiver glacial sur notre chemin de retour vers Osaka.

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