Saké on the rock(s)

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Pour ceux qui vivent dans le microcosme du monde du saké à Tokyo, dont une population importante d’aficionados étrangers, « saké et musique » résonne souvent comme un son électronique, le son du Sake Samourai Richie Hawtin, DJ techno britannique bien connu, qui est en tournée à travers le monde pour donner ses concerts. Richie est aussi un “producteur” de saké, avec son label « ENTER.Sake ». Le liquide lui-même provient des maisons de jeunes propriétaires talentueux de la scène du saké contemporain. Richie Hawtin introduit cette boisson emblématique dans les boîtes de nuit et les festivals, où on a peu l’habitude de le croiser.

Pour moi, et jusqu’à récemment, « saké et rock » était synonyme de « Satoshi Kimijima ». M. Kimijima est musicien rock en dehors des heures de travail, et un de mes revendeurs de saké préférés à Yokohama et à Tokyo (Kimijima-ya) … ainsi qu’un sommelier et un importateur distingué.

Puis vint le saké de Phoenix. Le groupe de rock français, « fierté et joie de Paris », comme le surnomme un magazine de musique japonais, était à Tokyo la semaine dernière pour un concert, 18 ans après leur premier Live au Japon (à Hokkaido) … et leur première rencontre avec le nihonshu.

Entre-temps, pas mal d’eau a coulé sous les ponts (de Paris), et pas seulement quelques albums de musique et des récompenses méritées. Christian Mazzalai, guitariste, a vécu juste en face de Workshop Issé, épicerie fine japonaise et restaurant expérimental fondés par Kuroda san, décédé l’année dernière. Kuroda san était l’un des meilleurs ambassadeurs du saké en France, un francophone émérite et un vrai poète … Il semble que rapidement tout le groupe rock se mit à explorer le monde du saké avec “Maître Kuroda” (comme le groupe l’appelle), et à travers le saké et les chansons populaires japonaises, plus généralement la culture du pays.

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Le fruit de cette amitié est le « Phoenix Sake Project ». Les deux premiers sakés « produits » par le groupe sont sortis en 2017 … et il y a quelques jours, avec l’aide de leur partenaire Tatenokawa, une maison de saké vieille de 180 ans, implantée dans le département de Yamagata. L’étiquette révèle un bel arc-en-ciel (voir photo). J’ai eu l’occasion de goûter la version 2018 lors de sa soirée de lancement à l’hôtel Trunk à Tokyo le 25 avril. C’est un Junmai Daiginjo fruité, plutôt « sec ». Tandis que l’impact en bouche laisse place à des notes amères (assez communes pour un saké sec), ce saké a cette étonnante capacité à s’évaporer comme une eau pure dès que le breuvage traverse la gorge. Je fus personnellement touché par le Kagami Biraki qui a eu lieu à l’hôtel Trunk. Dans cette cérémonie traditionnelle, le groupe a brisé à l’aide de maillets le couvercle d’un fût de saké, dont la jupe constituait un hommage direct à M. Kuroda, qui n’a pas eu le temps de goûter son contenu. Il se trouve que ma toute dernière conversation avec Maître Kuroda porta sur «Kaze no Mori» et Yoshihiko Yamamoto, le jeune propriétaire de Yucho Shuzo, que Kuroda san appelait affectueusement «le bad boy du saké» (mes lecteurs savent à quel point j’estime Kaze no Mori et j’aime visiter Yamamoto san). Le saké du groupe Phoenix est très probablement vendu chez Issé à Paris, mais peut être acheté au Japon aussi … chez Kimijimaya bien sûr! (Kimijima san est un partenaire dans le projet). J’étais chez lui l’autre jour pour prendre une photo. La première bouteille de Phoenix à gauche est celle de Tatenokawa … et la seconde bouteille de Phoenix, un saké « Kaze No Mori », comme j’aurais dû m’en douter! Petit monde plein de coïncidences …

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