Tradition & Innovation

IMG_4185 (1)

I owe a lot to Sakurai san at Dassai, since my participation to a Dassai tasting event when there were so few for foreigners in Japan, was a defining moment in the development of my passion for sake… and therefore my life. For the first time, I actually tasted a series of high quality nihonshu from the same brewer, easy to understand, and heard the story behind, the heritage, visualizing the small kura in Yamaguchi embarking on a great challenge: conquer the world.

I certainly see Asahi Shuzou (Dassai) as an innovative kura in the Japanese landscape. It created sort of a disruption, under the inspiration of its leader. In 1999 Sakurai san found out that his toji (master brewer) would not come back the next season. This had started to be an issue in other places as well, as a whole generation of toji (master brewers) was getting past the retirement age, and the economic crisis in sake was not encouraging younger people to join the sector. The job is really hard physically and mentally, Sakurai san decided to take responsibility for production. I understand he was one of the first kuramoto to become kuramoto-toji. Not only did he take over production, but he decided to brew Junmai Daiginjo only, the highest sake grade, mostly from Yamadanishiki sake rice, and he developed what I see as a new production and marketing approach for that premium sake. The production method is quite “systematic”, employees at Asahi Shuzou are precisely repeating all the steps of a very detailed, fully documented production process that includes all the “what if?”. The aim is to get the same sake quality and features in every bottle obviously. That is where all the data accumulated by science about sake brewing, all the charts, can be useful. While most medium size kura (breweries) tend to release a large number of references every year, Sakurai san simplified the line-up to a handful of references only, easily understandable: the rice polishing ratio (seimaibuai) makes the name of the product: 50, 39 … and 23 a few years later, which looked like an amazingly low number when it was announced, back 7 years ago. By the way Dassai reports that it takes about 7 days to polish the rice to 23% seimaibuai. Sakurai san changed the way his sake was marketed in Japan, but the big challenge he decided to take on, is the export market. He created an internship program for international trainees, whom he asked to translate his website and brochures to (I was invited to that tasting by a French student working at Dassai for a few months), and targeted a number of countries including France, which remains a difficult market for nihonshu despite the buzz in Paris. He pushed his sake on the wine lists of a number of high end restaurants, and it was recently announced he would partner with Joel Robuchon for a new restaurant in Paris. I do not know the numbers at all therefore I cannot judge the economics, however I can say that if a Parisian knows a few brands of sake, it is likely that Dassai is one of them, and I am quite sure that it has a positive impact on brand recognition here in Japan. Dassai has introduced a number of other interesting innovations, such as the use of centrifuge machines at the time of pressing the mash (moromi), this internship program for foreign students, or the Kosher certification of the sake, as early as 2011.
Thank you and Kanpai Mr. Sakurai.

Advertisements

Wa – Harmonie

“Wa” est l’une des valeurs clés dans la psyché japonaise. Chacun essaie de comprendre et prendre en compte les points de vue, opinions et contraintes des autres parties prenantes, afin que le groupe puisse agir de manière efficace sans accrocs.

Cette valeur a clairement été au cœur des communautés rurales depuis que la culture du riz a été introduite au Japon. De fait, non seulement un travail d’équipe est nécessaire pour transformer les vallées et forêts en rizières, mais la culture du riz elle-même est un effort collectif. Tous les agriculteurs d’une vallée partagent la même eau d’irrigation. Cette eau provient en général de plus en haut dans la montagne, et est distribuée par un réseau élaboré de canaux entretenus ensemble.

Mai était la saison du repiquage du riz dans le Kanto. Il n’y a qu’une seule récolte par an au Japon, à l’exception d’Okinawa. Vers la fin d’avril, les semences de riz (grains) sont trempées dans l’eau et plantées sur de grands plateaux recouverts d’un mince substrat de sol, et laissées germer dans une pépinière (une serre) sous le soleil de printemps, non loin de la rizière, jusqu’à ce que les semis atteignent une hauteur d’environ 15 cm.

Pendant ce temps, les rizières sont inondées et labourées. Ces semis (appelés “Nae” en japonais) sont alors repiqués dans les rizières, par 2 ou 3, en rangées et en colonnes formant un motif de grille. La distance entre les semis dépend d’un certain nombre de facteurs (variété de riz, ensoleillement, etc.). La plupart des agriculteurs (une population vieillissante) utilisent maintenant des tracteurs pour des raisons évidentes, mais il y a chaque année un nombre croissant d’événements organisés à travers le pays où des équipes se rassemblent pour planter le riz «à l’ancienne ».

Au Japon, j’ai toujours vu les lignes de participants planter devant eux, tout en avançant à travers la rizière « vierge » vers l’autre bord. En conséquence, chacun a moins de contrôle visuel sur la «qualité» des rangées de semis qu’il crée derrière lui (un problème possible lors de la récolte avec un tracteur), et met son pied profondément dans la boue, jusqu’ à la cheville ou le genou, juste à côté des semis qu’il vient de repiquer.

Je crois savoir que dans d’autres pays (le Vietnam, par exemple), les planteurs marchent a reculons, plantant devant eux, avec un meilleur contrôle visuel du résultat et sans marcher sur leur travail récent. Dans le même temps, ils doivent placer les semis dans leurs traces, une surface devenue très inégale. Les photographies anciennes du Japon suggèrent que la méthode était courante ici aussi!

Par la loi, les maisons de saké, comme toutes les autres entreprises, se sont vues interdire de cultiver du riz après la guerre, et, par conséquence, elles ont été gardées à distance de leur matière première depuis des décennies, achetant auprès de coopératives d’agriculteurs individuels. Cela a entraîné une différence majeure avec la culture du vin, où le vigneron cultive ses propres vignes. Le système juridique a cependant évolué, les maisons peuvent désormais contracter directement avec les agriculteurs, ou même cultiver leur propre riz. Naturellement, elles se sont mises à produire des événements de repiquage du riz, une excellente façon de créer, tout en harmonie, une connexion forte avec les clients et les fans, et de connecter les clients comme les employés à la précieuse matière première qu’est le riz à saké.

Kidoizumi shuzou (Département de Chiba) et leur équipe formidable, une de mes destinations très fréquentées près de Tokyo, louent des rizières et plantent du riz dans une belle petite vallée, près de leur Kura, pour la deuxième année consécutive. La journée était humide pour dire le moins, et les images illustrent quelques étapes du déroulement: tremper les plaques de semis pour éliminer le premier sol, repiquer. Si le repiquage est un travail très physique, l’accompagnement de la croissance des plants à partir de là ne l’est pas moins … à moins d’utiliser engrais et autres produits chimiques pour lutter contre les insectes nuisibles et la mauvaise herbe. Les mauvaises habitudes sont difficiles à perdre, et ce travail acharné est certainement l’une des raisons pour lesquelles le développement du riz organique est limité au Japon (la population agricole vieillit …). Une autre raison nous ramène cependant à la nature collective du secteur. Parce que tout le monde partage la même eau et que les rizières sont situées les unes à côté des autres, il est assez difficile de convaincre les inspecteurs qu’aucune trace de produits chimiques ne pourra être trouvée dans son champ, à moins que personne à la ronde n’utilise un quelconque produit chimique.

Concrètement, nous avons repiqué une rizière qui est la première à recevoir l’eau du bassin de rétention situé juste au-dessus. Cela aide, mais il est peu probable que ce soit suffisant. Le riz de Kidoizumi ne sera donc pas étiqueté «organique», mais sera en fait «quasi-organique». Beaucoup de ce riz «quasi-organique» est labélisé «Shizenmai» (riz nature). Je crois que le développement du saké à base de riz quasi-organique est une des tendances de fond dans l’industrie, et je suis impatient de déguster l’année prochaine ce saké Kidoizumi élaboré avec ce riz si particulier pour moi, en harmonie avec la nature.

Wa – Harmony

“Wa” is one of the key values in the Japanese psyche. One tries to understand and accommodates other stakeholders’ viewpoints, opinions and constraints, so that the group can take action smoothly in an effective way.

This value has clearly been applied in the rural communities since rice cultivation was introduced in Japan. As a matter or fact, not only is teamwork required to transform plains or valleys, forests into paddies, but also rice cultivation itself is a collective effort. All farmers in a valley are sharing the same water irrigating the fields. Such water often comes from higher up in the mountains, and is distributed through an elaborate network of channels.

May was the season of rice planting in Kanto. There is only one rice crop in a year in Japan, with the exception of Okinawa. Around late April, rice seeds (grains) are soaked in water and planted on large trays covered with a thin layer of soil, and left germinating in a nursery (a greenhouse) under the spring sun near the field, until the seedlings reach a height of about 15 cm.

Meanwhile paddies are flooded and plowed. Such seedlings (called “Nae” in Japanese) are then transplanted into the rice paddies, by 2 or 3, in rows and columns forming a grid pattern. The distance between seedlings depends on a number of factors (rice varietal, sunshine, etc.). Most farmers (an aging population) now use tractors for obvious reasons, however there are a number of events organized across the country where teams gather to plant the rice “the old way”.

In all events I have seen in Japan by the way, rows of participants plant in front of them, walking across to the other side of the “virgin” paddy. As a consequence though, one has less visual control about the “quality” of the row he/she creates behind him/her (a possible issue when harvesting with a tractor), and puts his or her feet deep in the mud to ankle or knee, right next to the seedlings he/she just planted.

I understand that in other countries (Vietnam for example), planters mostly walk backwards, planting in front of them, with a better control of the rows, and without stepping on their recent work. At the same time, they place the seedlings in their footsteps, a surface that has become very “uneven”. Old photographs of Japan suggest that the method was used here as well!

By law, sake breweries, like all other companies, were prohibited from cultivating rice after the war, and have therefore naturally been kept at a distance from rice farming for decades, buying from individual farmers’ cooperatives. This created a major difference with the wine culture, where the winemaker often grows his own grapes. The legal system evolved though, breweries are now able to contract with farmers directly, or even cultivate their own rice. Naturally, they got active in producing rice planting events, a great way to connect with clients and fans in harmony, and connect clients and employees alike with the precious raw material: sake rice.

Kidoizumi shuzou (Chiba Prefecture) and their lovely team, one of my very regular destinations close to Tokyo, are renting paddies and planting rice in a beautiful small valley, close to the brewery, for the second year in a row. The day was humid to say the least, and pictures illustrate some steps in the process: washing the soil away from the seedlings’ trays and transplanting. If planting is a hard work, cultivation from there is no less hard … unless one uses chemical fertilizers and other products to control pests and weed. Bad habits are difficult to let go, and that hard work definitely is one of reasons why the development of organic rice in Japan is limited (the farming population gets older …). Another one though gets us back to the collective nature of the sector. Because everyone shares the same water, and paddies are located next to each other, it is quite difficult to convince inspectors that no trace of chemicals can be found in one’s own plot of land unless no-one uses any chemical in the area. We actually worked in a paddy that was the first one receiving water from the water retention pond located just above. It helps but is unlikely to be sufficient. Kidoizumi’s sake rice will therefore not be labeled “organic”, but will in effect be “quasi-organic”. A lot of that “quasi-organic” is called “Shizenmai” (natural rice). I see the use of quasi-organic rice as a big trend in sake brewing, and am looking forward to enjoying Kidoizumi sake from that particular rice next year, brewed in harmony with nature.

 

“La dignité!” (M. Stevens)

Un des moments forts de mon voyage dans le département (ou « Préfecture ») de Fukushima au début de ce mois fut la visite de la maison de saké Daishichi, en compagnie de ma fille. Monsieur Ohta, kuramoto (propriétaire) héritier de la10ème génération nous a aimablement consacré un peu de son temps précieux. Son aide de camp Monsieur Saito assurait le transport de nos affaires, l’ouverture et la fermeture des portes, accompagnant tous nos mouvements dans cette grande kura reconstruite entre 2001 et 2010. Sa posture, son service impeccable, dans la grande salle de réception du bâtiment habillé de briques rouges, avec son plafond haut et ses meubles de style occidental classique, me rappelaient M. Stevens, le héros et narrateur des Vestiges du Jour (*)(The Remains of the Day), joué par Anthony Hopkins dans l’adaptation cinématographique de 1993.

Située à moins de 100 km de la centrale nucléaire de Fukushima, la maison Daishichi et ses employés ont traversé des moments bien difficiles après le séisme de mars 2011: sur la nouvelle d’une pollution radioactive, le personnel a arrêté les ventilateurs et la climatisation, scellé les fenêtres, jusqu’à l’installation de nouveaux équipements de protection coûteux (rideaux d’air, créant une pression positive de l’intérieur vers l’extérieur, filtres spéciaux, etc.). Ensuite, bien sûr, la société a dû mettre en place une batterie de tests de détection d’éléments radioactifs à tous les stades de production (eau, riz, saké). Heureusement, les bâtiments ont des murs très épais, et toute l’eau provient d’un puits situé dans la maison, alimenté par les pluies et la neige filtrant lentement à travers les pentes du volcan Adatara, un peu plus loin vers l’Ouest. En bref, je peux dire que je me sens en sécurité avec le saké Daishichi.

Ohta san a apporté un certain nombre d’innovations au processus d’élaboration du saké au cours de ces dernières années. Celui-ci se termine par une nouvelle ligne d’embouteillage, dans laquelle le saké a un contact minimum avec l’oxygène de l’air avant que la bouteille ne soit capsulée (la bouteille est tout d’abord remplie d’azote), et commence par un polissage de riz «superflat», visant à optimiser l’élimination des graisses, des minéraux, des vitamines et des protéines des couches externes de l’endosperme du riz à saké. Le défi est de régler la vitesse de rotation de la meule, et le débit du flux de riz tombant par gravité sur celle-ci, de sorte que la forme originelle du grain (qui a un axe long et un axe court) soit respectée. Anecdote intéressante, je compris que Daishichi a effectivement revendu ses machines de polissage vertical contrôlées par ordinateur, pour revenir à une génération antérieure, beaucoup plus “manuelle” (voir photo, source Daishichi). Après le polissage lui-même, une machine moderne utilisant la technologie de l’’imagerie vérifie chaque élément de matière première qui sera utilisée dans le processus de production du saké, rejetant les grains inadaptés (non mûrs ou cassés), les petites pierres ou poussières, etc.

Ce pourquoi Daishichi est célèbre cependant, c’est leur attachement à la méthode “Kimoto” traditionnelle de production du pied de cuve. Deux fois plus longue que la méthode “Sokujo” (plus récente, rendue publique en 1909), et beaucoup plus consommatrice en main-d’œuvre (voir la photo, source Daishichi), elle conduit généralement à un profil de saveurs plus large et plus riche pour le saké, toutes choses égales par ailleurs. En particulier, on peut y trouver en général des arômes lactiques (la fermentation lactique se produit naturellement avant la fermentation alcoolique dans le fût de pied de cuve), un atout pour les mariages avec du fromage et autres aliments fermentés. Cela fonctionne vraiment … et j’attends par ailleurs le résultat de l’introduction récente de chais en bois dans le processus.

Comme mes lecteurs le savent, j’aime les histoires de saké des temps anciens. Je me suis délecté de l’histoire d’une “cuvée” très spéciale élaborée et embouteillée pour le 1200ème anniversaire de la fondation du mont Koya (“Koyasan“) et de ses 100 temples (en 816, dans le département de Wakayama), par le Grand Maître Kukai dont le nom posthume est Kobo-daishi. Selon la tradition, la mère de Kukai, qui n’était pas autorisée à entrer sur le site (une femme …), avait l’habitude de préparer une mixture, sorte de médicament pour protéger la santé de son fils, dont on dit qu’elle s’apparentait à de l’amazake, non filtré (saké doux, sans alcool ni alcool, avec les lies de riz en suspension). Sanbo-in, un temple de Koyasan, honore l’âme de cette mère aimante, le seul à être de fait lié à la culture du saké. Dans la forêt adjacente d’immenses cryptomères, on trouve la très belle nécropole de Koyasan. C’est là que reposent les seigneurs Niwa, maîtres de Nihonmatsu, la ville de Daishichi. D’où l’hommage… Le château de Nihonmatsu est représenté sur cette belle étiquette de Honjozo Kimoto, un très bon saké de consommation ordinaire.

(*) roman de l’écrivain britannique Kazuo Ishiguro, né à Nagasaki !

“Dignity!” (Mr. Stevens)

One of the highlights of my trip to Fukushima Prefecture earlier this month was the visit of the Daishichi sake brewery, together my daughter. Mr. Ohta 10th generation kuramoto (owner) kindly devoted some time to receive us. His aide Mr. Saito assisted him, carrying our belongings, opening and closing doors, supporting our movements throughout the large kura rebuilt between 2001 and 2010. His impeccable service and posture, in the reception rooms of the high-ceiling building faced with red bricks, and furnished with classic Western style elements, reminded me of Mr. Stevens, the hero and narrator of The Remains of the Day(*), played by Anthony Hopkins in the 1993 screen adaptation of the eponymous novel.

Located less than 100 km away from the Fukushima nuclear power plant, Daishichi and its people went through very difficult times in the aftermath of the March 2011 earthquake: on the news of radioactive pollution, the staff stopped ventilators and air-conditioning, sealed windows and doors, until expensive protective equipment was installed (air curtains, creating positive pressure inside, special filters, etc.). Then of course the company has had to put in place a series of detection tests of radioactive elements at all stages of production (water, rice, sake). Fortunately the buildings have very thick walls, and all water comes from a well located within the brewery, fed from rain and snow slowly filtering through the slopes of the Adatara volcano, further West. In short, I can say I feel safe with their products.

Ohta san has brought a number of innovations to his sake brewing process over the last few years. It finishes with a new bottling line where sake has minimum contact with air oxygen before the bottle is sealed (the bottle is filled with nitrogen first), and it starts with “superflat” rice polishing, aiming at optimizing the peeling of fats, minerals, vitamins and proteins of the outer layers of the sake rice endosperm. The challenge is to fine-tune the rotation speed of the polishing roller, and the debit of the rice flow falling down by gravity on such roller, so that the shape of the rice grains (which has a long and a short axis), is respected. Interestingly enough, I understood that Daishichi actually re-sold computer controlled polishing machines to get back to an earlier, much more “manual” version from a previous generation (see picture, source Daishichi). After the polishing itself though, a modern machine using imagery technology checks every bit of raw material that will be used in the brewing process, rejecting unsuitable grains (not ripe, or broken), small stones or dust, etc.

What Daishichi is mostly known for though, is their attachment to the very traditional “Kimoto” method of producing the yeast starter. Taking twice as long a time as the more recent “Sokujo” method (publicized in 1909), and much more labor intensive (see picture, source Daishichi), a kimoto style yeast starter generally leads to a sake with a broader and richer flavor profile, all other things being equal. In particular one may find a few more lactic aromas (as lactic fermentation is left naturally developing prior to alcoholic fermentation in the tank), a great asset for the pairing with cheese and other fermented foods. It works, really….and I am looking forward to the result of the recent introduction of tanks made of wood in the process.

As my readers will know, I like ancient stories about sake. I enjoyed hearing the story of a very special “cuvee” brewed and bottled for the 1200th anniversary of the founding of Mount Koya (“Koyasan”) and its 100 temples (in 816 in Wakayama Prefecture) by the Grand Master Kukai, whose posthumous name is Kobo-daishi. According to tradition, Kukai’s mother, who was not allowed to enter the site (a woman…), used to prepare sort of a medicine to protect her son’s health, which was related to unfiltered amazake (sweet sake, with no or little alcohol, and lees in suspension). Sanbo-in, a Koyasan temple, is partly dedicated to the soul of this loving mother. Adjacent to the temple is the dense forest of giant cryptomeria sheltering Koyasan’s beautiful necropolis. There rest the lords Niwa in peace, rulers of Nihonmatsu, the city of Daishichi. Hence the “homage”. Nihonmatsu’s castle is represented on the label of this nice bottle of Honjozo Kimoto sake for daily consumption.

(*) the novel was written by British author Kazuo Ishiguro, who was born in Nagasaki!

When Yellow meets Gold

IMG_3456 (1)

Located in a basin surrounded by relatively high mountains, the town of Saijo in Hiroshima Prefecture enjoys cold temperatures highly suitable for fermentation control during winter, and abundant clean spring water. With its eight breweries nested within a few hundred meters from each other, it is not a surprise that it remains one of Japan’s most important brewing centers …. and a great sake tourism destination. Its emergence on the national sake scene is “only” about a century old though, and occurred after local brewers had developed the necessary skills to brew superior sake from very soft water, which limits yeast’s activity and reproduction in particular. A key contributor was the Satake company, which developed the first power driven “four mortar rice milling machine” in 1898, and is based …. in Saijo of course. I was lucky enough to be able to visit them a couple of years ago. Kamotsuru was the first sake brewer to test such machines and claims it became the first company to sell ginjo and daiginjo sake (polishing ratios of 60% or less and 50% or less respectively, expressed as “seimaibuai”, ie. residual mass of the grain after milling, compared to its initial mass). “Kinpaku” or “Gold leaf”, a daiginjo, is one of their leading products, with an original bottle, and the presence in the sake of two small gold flakes. Asian consumers in particular seem to like this auspicious sake, but I have not had confirmation of how much President Obama liked it, when he was served some by PM Abe during his 2014 visit to Japan. What prompted me to write this article though is not sake today, but the nice “dorayaki“ confection kindly brought to me by Hiroshima Prefecture representatives. The buttery lemon filling between the soft pancakes is highly enjoyable, and makes a nice pairing with the delicate, crisp Gold sake offering rich fruity aromas. The connection lies at another level as well. Called Sakuraya, the shop was founded about a century ago in Saijo, and uses “sake kasu” (sake lees) from local breweries for some of its products. Escalator wit?

Noces en or

IMG_3456 (1)

Située dans un bassin entouré de montagnes d’altitude relativement élevée, la ville de Saijo, dans la préfecture d’Hiroshima, bénéficie de températures froides permettant un contrôle strict de la fermentation en hiver, et d’une eau de source abondante et pure. Avec ses huit maisons de saké alignées à quelques centaines de mètres les unes des autres, Saijo reste, de manière peu surprenante, l’un des centres de production de saké les plus significatifs du Japon … et une destination touristique exceptionnelle pour les amateurs. Son émergence sur la scène nationale ne date pourtant que du début du XXème siècle, et a été rendue possible après que les maisons de saké locales avaient maîtrisé les compétences nécessaires pour élaborer un saké de qualité supérieure avec leur eau très douce (très peu minérale), qui limite l’activité des micro-organismes (fungus et levures). Un contributeur clé a été la société Satake, qui inventa la première «machine à quatre mortiers de polissage du riz » mue par le courant électrique, en 1898. Elle est basée… à Saijo bien sûr, j’ai eu la chance de visiter l’usine il y a deux ans environ. Kamotsuru a été la première maison à tester de telles machines et se dit la première entreprise à avoir mis sur le marché des saké de type « ginjo » et « daiginjo » (ratios de polissage du riz de 60% ou moins, et de 50% ou moins respectivement, exprimés en «seimaibuai», c’est-à-dire la masse résiduelle du grain après le polissage comparée à la masse initiale). « Kinpaku » ou «Feuille d’or », un daiginjo, est l’un de ses produits phare. Il est vendu dans une bouteille de forme originale, qui contient deux flocons d’or. Les consommateurs asiatiques en particulier semblent aimer ce saké auspicieux, mais je n’ai pas reçu confirmation directe de combien le Président Obama l’a apprécié, lorsqu’il lui a été servi par le Premier ministre Abe lors de sa visite en 2014 au Japon. Ce qui m’a incité à écrire cet article n’est cependant pas le saké aujourd’hui, mais la savoureuse pâtisserie de type “dorayaki” qui m’a été apportée aujourd’hui par des représentants de la préfecture de Hiroshima. La crème au beurre et citron entre ses deux crêpes épaisses et tendres est très bonne, et fait un joli mariage avec le fin et délicat saké « Gold », qui montre des arômes de fruits riches. Le lien entre les deux produits va au-delà cependant. Appelée Sakuraya, la maison de patisserie a été fondée il y a environ un siècle à Saijo, et utilise pour certaines de ses préparations le « sake kasu » (lies de riz du saké) acheté auprès des maisons de saké locales. Cela s’appelle l’esprit d’escalier …